dimanche, avril 08, 2007

LE PETIT PIERRE


Clermont-Ferrand, 1942. Grande cour de récréation du lycée Blaise-Pascal. Temps froid et terne dans une ambiance dépouillée cernée par des batiments grisaille.

Les élèves se déversent par spasmes et font gronder la passerelle méalique qui relie les salles de classe au terrain de jeux.L'enfant est allé s'asseoir sur les mortaises de béton destiné à mainenir les carcasses des buts de football. Il sait qu'il n'est capable que de simuler l'acte d'écrire des airs et il en souffre. Il guette la maitresse de la classe de onzième, une grande femme vêtue de noir, sévère d'allure mais au regard plein de tendresse.Elle va s'approcher et s'inreresser au petit garçon qui ne veut pas faire comme les autres et jouer au ballon.
Aujourdh'ui, Madame Durand-Boussu, fondatrice d'une école de piano réputée, donne dans l'amphithéatre de la faculté une conférence-récital. Les familles des ingénieurs de chez Michelin ne manqueront pas cet évènement car presque tous les enfants apprennent le piano avec les répétitrices de cette dame, elle-même mariée à un cadre de la société.
Le petit Pierre quitte le lycée en hâte pour rentere se préparer.Il grimpe à toute allure la rue de l'Arbre dallée de gros pavés, vire devant le magasin Cäiffa et s'engouffre au 7 de cours Sablon (l'immeuble juste en face du quartier général où il va jouer le jeudi avec le fils d'un capitaine, car les jardins sont beau et sauvages). Toilette hative: les mains, un peu du visage, surtout mettre le beau costume gris fait sur mesure (veste croisée et culotte courte) et piquer sur la cravate à carreaux pastel une épingle à chapeaux terminée en perle.Et en route, descente en trombe du sombre escalier usé par les pas, première à gauche (Avenue Carnot) en directiob de la faculté.

jeudi, juin 29, 2006

UN PIANO DANS LA TÊTE

Ce n'est pas seulement dans la tête que Pierre Faraggi a son piano: C'est dans son âme, dans son coeur, dans tout son corps.Il est de ces gens dont on dit qu'ils vivent pour une seule chose, un seul idéal. La musique, c'est son domaine, son monde, son univers. Exécutant ou pédagogue, il n'a dans l'existence qu'un seul but: faire passer son message, persuader, convaincre. Et je suis témoin de son opiniatreté comme de ses dons. Il est né pour devenir un apôtre de cette religion non écrite qu'est la musique. Il installe d'emblée le courant entre lui-même et ceux qu'il a devant lui. Et à chaque fois le miracle se produit: les barrières tombent, les coeurs s'ouvrent, la cause est entendue. Et c'est un amoureux de plus qui sera en mesure de déclarer sa flamme à cette exigeante maitresse qu'est la musique.
Ce livre est avant tout un témoignage: celui d'une volonté, d'un courage, d'une intransigeance. Sans dévier un seul instant de sa cible, Pierre Faraggi a creusé son sillon en dépit de tout ce qui pouvait se mettre entravers de sa route, et malgré toutes le embûches que l'in compréhension ou la jalousie pouvaient dresser sous ses pas. C'est ce qu'on pourrait appeler "les années d'apprentissage du jeune Pierre" avec tout ce que ce titre peut comporter de romantisme vrai et d'expériences authentiquement vécue. Tous ceux qui aiment la Musique, tous ceux qu'elle fait rêver, tous ceux qu'elle aide à vivre doivent lire ces pages. Ils y trouveront une belle, une enthousiasmante raison d'esperer, de croire, de persévérer- et de vivre.
Pierre-Petit,
Premier Grand prix de Rome
Directeur général de l'école normale de Musique de Paris
Critique musical au Figaro
Pierre Faraggi interptète

Mai, joli mois de mai, te voila bientot !!